Lettre écrite dans la nuit du 12 au 13 fevrier 2008
Il est impossible de discuter,
Tu es sourd à tout ce que je dis ou fais, à tel point que je pourrais mourir
sur le champ, tu n'en ressentirais que du soulagement.
Alors j'écris car j'étouffe de ne rien pouvoir exprimer de ce que je ressens, c'est comme
si j'etais enterrée vivante, je vois qu'on me détruit mais je ne peux rien faire car la terre m'emplit la bouche, je suis condamnée à souffrir en silence sans gémir, car cela te
gêne.
Je ne peux pas vivre sans amour, c'est mon oxygene.
Sans amour, j'étouffe alors je ne suis pas dans la capacité d'admirer les paysages cathares et les cimes des montagnes.
Quand on est privé de l'essentiel, on n'est que souffrance et imperméable aux lueurs de l'aurore.
Le véritable sens de ma vie est l'amour sans cela je suis anémiee plus pauvre que
Job.
Aucune richesse de ce monde ne vaut le regard d'un etre qui vous aime.
.

Lorsqu' aucun regard d'amour se pose sur vous, votre image s'efface progressivement jusqu'à devenir un fantôme errant sans corp ni âme.
Je cherchais un nouveau sens à ma vie, je voulais donner et recevoir de l'amour, pour continuer à vivre.
"La vie ne vaut pas la peine d'etre vecue sans amour" dit la chanson.
C'est ainsi, pleine d'espoir que je t'ai rencontré.
Mais les soucis se sont accumulés, tes cris pour me faire taire comme si mon existence même te mettais en danger, les soucis d'argent.
Dès le début, j'ai eu conscience de ta difficulté à aimer, à te donner comme si je
représentais un danger pour toi comme si m'aimer te mettrais en péril, comme si m'aimer c'était te débarrasser de ta carapace,donc te désarmer.
En fait ,c'est comme si l'amour te mettait en
état d'infériorité et de vulnérabilité donc tu t'en protèges et tu ne te livres pas.
L'amour est un don total de soi, c'est se livrer et se donner à l'autre, c'est
communier, c'est s'abandonner à l'autre dans un maximum de confiance.
Moi j'étais dans cette démarche, je t'ai donné, tout donné,dès le début, je me suis
livrée et abandonnée en toute confiance.
J'ai été à fond dans la relation, quitte à faire tous les jours la route L-Carnac, je t'ai présenté mon fils sachant qu'à partir de ce moment là je scellais mon
sort.
Pour toi, je me suis totalement démunie
et je ne le regrette pas car je croyais en ce que je faisais.
Mais j'ai fais une erreur car toi de ton côté tu étais sur la réserve, loin d'être dans la capacité d'aimer, de te donner.
Je l'ai senti, alors inconsciemment j'ai cru qu'avec le mariage tu arriverais à
briser les défenses qui t'empéchaient d'aimer.
Pour moi aimer c'est la sécurité alors que pour toi c'est l'insécurité, l'inconnu, le danger.
Tu t'es alors jeté à corps perdu dans la seule quête de sécurité que tu connaisses soit le travail et les biens matériels, acquérir des outils pour ton entreprise te comble, te
rassure, ton seul objectif est de t'en sortir, de réussir ta vie professionnelle.Comme s'il t'tais impossible d'aimer et de travailler en même temps comme ces joueurs de foot qui se privent de
leurs femmes avant une competition importante
.Mais toi ce n'est pas parce que tu as peur d'être affaibli physiquement mais psychiquement. J'ai l'impression que bien que tu cherches à vivre avec une femme cela t'est difficile car tu as
peur de te livrer à elle, comme si elle était un danger pour toi ,comme si elle pouvait te dévorer
.Alors tu ne peux vivre le face à face, la dualité t'effraie, c'est trop perilleux pour toi. C'est ainsi que tu as commencé l'évitement de
l'alcove, te protégeant derriere B.
B est devenu ton bouclier devant l'agression que représentait ma quête d'amour. C'est comme si devant ma perséverance à vouloir briser tes résistances, tu te sentais démuni au point où tu as
besoin de te cacher derrière ton fils,ou de t'enfuir dans ta voiture quelqu'en soit le prix de l'inconfort et de la fatigue.
Tu es alors comme un enfant qui fuit l'ogresse par peur d'etre dévoré.
Je suis une ogresse pour toi car je te demande ce que tu as le plus peur de donner soit L'Amour.
Donner de l'amour à B n'est pas un probleme pour toi car cela ne te met pas en état de
dépendance.
Cependant tu dois observer que tu lui demandes une grande soumision, que tu as du mal à accepter qu'il ne soit pas d'accord avec toi.
Comme si la contestation était difficile à vivre pour toi.
J'ai l'impression que tu manques beaucoup de confiance en toi, et que si l'autre ne t'acquiesce
pas, il t'insécurise et du coup te mette sur la défensive(d'ou l'agressivité).
Le manque de confiance en soi est un sentiment qui trouve sa source dans l'enfance dans la relation avec les parents et plus particulièrement la mère.
La confiance en soi nait dans le regard aimant de sa mère, ce regard d'amour vous donne une valeur, vous permet d'exister et de pouvoir renvoyer de l'amour.
Pour donner, il faut pouvoir s'estimer, avoir conscience de sa valeur.
On ne peut pas donner ce que l'on a pas reçu.
Pour donner de l'amour , il faut en avoir été alimenté sinon on a l'impression de se dénutrire et de se mettre en danger de mort.
Alors je te fais peur car je suis assoifée d'amour et que tu ne sais comment
m'apaiser.
Pire je te demande d'aimer alors que tu n'as pas le mode d'emploi ni la conscience d'avoir suffissament d'amour en toi .
Comme si l'amour que je te demande pouvait même demunir B......., ton fils.
Alors je suis dangereuse et à detruire car je mets en péril un équilibre fragile que tu t'ais constuit par defaut.
Ma demande d'amour est pour toi une agression à laquelle tu réponds par la fuite et l'agressivite. Alors moi je suis déboussolée, fragilisée, en perte de conscience de ma valeur d'être et de
femme.
D'ailleurs, je pert ma valeur de femme puisque je ne suis pas aimée ni désirée.
C'est un cercle vicieux où j'ai l'impression de donner sans espoir possible.
Plus je donne plus je suis affaiblie et denutrie car je ne reçois aucun amour en échange alors je me vide de ma substance et ma vie pert tout son sens.
Tu me dis de réfléchir depuis un an, de donner un sens à ma vie alors que tu me prives d'amour au point de ne plus tenir debout et de pouvoir avancer.
J'ai écrit cette lettre de 4h30 à 7h30 , puis voyant l'heure de ton réveil je l'ai imprimée et laissée sur la
table.
.Ensuite , je suis allée dans la chambre car exténuée , je voulais me reposer.
je t'ai dit : «bonjour il est l' heure de te réveiller »
et tu m'a répondu : « tu déjeunes avec moi? »
« non, je suis fatiguée » et je me suis couchée.
Tu t'es alors lévé mécontent, disant que tu n'étais bon qu'à travailler à mes yeux.
Couchée, j'ai guetté ce que tu faisais, passage au toilettes, micro-onde pour ton thé puis le silence...
J'ai tendu l'oreille puis au bout de 10 mn, je me suis dis que tu avais sans doute lu la lettre, et que je devais descendre avec toi pour assumer mes mots.
Lorsque je suis arrivée près de toi, j'ai très vite compris que tu n'avais rien lu.
Tu m'a dit que tu avais pris mon écrit pour une agression.
Calmement je t'ai demandé de me remettre la lettre, vexée, et je l'ai retrouvée entre le mur et le meuble. çà alors!!
Décue par ton manque d'intèret, j'ai déchiré la lettre.
Tu as cherché à parler à expliquer que tu n'aurais pas lu cette lettre avec une guêpe qui bourdonne autour de
toi, que je ne comprenais rien a rien....
Je t'ai écouté en silence te répondant en pensée sachant que mes mots t'auraient énervé.
Las de parler seul, tu t'es mis en quête d'un CD à écouter , durant le boulot.
Alors je suis montée me coucher, désapointée et démunie devant notre impossibilité de dialoguer.
B............. est descendu, tu l'a pris à témoin :
"Elle a encore bien commencé la journée! Elle m'a encore fait chier!....... il y a quelqu'un qui m'attend au chantier et je suis encore là à cause d'elle!
elle voulait que je lise sa lettre mais elle ne va tout de même pas me mettre un pistolet sur la tempe! Je suis libre de faire ce que je veux...... »
Le ton montait progressivement et je t'ai entendu monter l'escalier.
Apres m'avoir découvert d'un geste brusque, tu t'es mis à me faire un procès d'intention : comme quoi je faisais tout de travers, que je n'avais qu'à me lever pour aller au chantier..; donnant
des coups de pied dans le lit.
Je t'ai écouté en silence pour ne pas nourrir ta colère , peine perdue : après avoir dit que tu dormirais dans la chambre de m................, mon
fils, tu a jeté les affaires de celui-ci dans ma penderie, pèle-mèle.
Tu as hurlé que celui-ci n'avait plus de chambre qu'il dormirait avec moi.
La chambre de Y.............. serait dorénavant sa chambre...silence...
Bouleversée par tant de violence, et secouée car il avait malmené les effets de mon enfant chéri, j'ai téléphoné
à ma mère pour extérioriser mon désarroi.
Je n'ai pas eu le temps d'exprimer trois phrases qu'il avait arraché le téléphone pour donner sa version.
J'avoue moi-meme qu'à l'écouter déformer la réalité, sa version des faits était si plausible que j'étais tentée d'y croire, quitte à me désavouer.
ben zut alors! que ce passe-t-il?
Sommes-nous dans deux mondes parallèles que tout sépare?
Qui de nous deux distors les choses? Dialogue de sourds et de dingues. M........ est parti au chantier et
B............ est allé à l'école sans un mot pour moi.
Ce qui est sur c'est que mon objectif de communiquer n'a pas été atteint.
A 11h 20, M......... revient à la maison presque comme si ne rien n'était, il m'invite à aller bruler des débris
au chantier.
Curieux de ce que j'écris , il lit sur mon épaule, et se permet même de me corriger en riant.
"Bon, j'ai compris, je n'ai pas un pet de travers à faire, sinon tout est consigné par écrit comme dans un rapport de police".
Et il me raconte ses histoires d'ostréiculteurs qui a des démèlés avec son voisin.
Il est très vite agacé par mon attitude devant l'ordinateur et éteind celui-ci sauvagement.
Le ton monte et oscille entre colère et sanglots dans la voix, il est clair qu'il est désemparé.
"Tu es coupable!!"
"Tu devrais être hospitalisée tout le monde serait mieux, mais je ne veux pas te faire du mal."
Je ne sais plus quoi faire , dit-il, dans une voix étranglée, pour rebondir tout de suite en disant qu'il dormirait dans la chambre de m................
Je ne reponds pas car son humeur versatile m'inquiète, en fait, je ne sais pas ce qui pourra déclencher sa
prochaine colère.
Je souhaite voir plus clair dans notre continuel quiproquo dramatico-tragique.
Par le biais de l'écriture , je veux prendre de la distance, trianguler cette relation malade
quasi-délirante.
Tenter de mettre des mots sur des situations qui me surpassent, m'épuisent, attristent gravement.
Ecrire aussi pour extérioriser mes pensées et mes ressentis, écrire pour sentir mon coeur battre à chaque mot, écrire pour moins mourir, car je sens mon énergie vitale me quitter, dans ce drame
de la vie quotidienne, que je vis depuis que je connais M.
Ce mariage qui ressemble fort à un combat perdu d'avance, à un bateau pourri qui s'écharde chaque jour davantage je souhaite le rénover, le décortiquer
lattes apres lattes pour mieux repérer chaque cheville.
Ce sauvetage semble perdu d'avance tant les difficultés sont grandes et les différences des gouffres.
Chaque moment de relation est une rixte, un duel à mort, chaque mot peut devenir
vacarme infernal, chaque geste peut se prolonger comme par ricochet en une giffle.
Du haut de mon mêtre soixante, je relève les défis de son mêtre quatre vingt cinq.
Pas militante féministe mais je suis fière d'être femme.
J'ai été fière d'être fille, fière d'être mère, fière d'être la femme d'un marocain et j'aimerai être fiére d'être la femme de mon second mari.
Pour cela , il me semble que M........ devrait ré-écouter chaque jour le serment auquel il a dit oui, car ce oui s'est muté en un "non "quotidien qui résonne inlassablement à mes oreilles comme
une écholalie psychotique.
DE ma fierte d'être femme , il ne reste que la peau tant les « je ne t'aime pas » m'ont vidée de ma substance.
Mais chaque jour je me lève en me disant qu'il n'aura pas ma peau.
Peau poudrée pour cacher un oeil au beurre violet.
Peau douce comme celle d'un bébé,
Peau privée de toutes caresses, de tout baiser.
Peau de chagrin.
Jeudi 14 fevrier
Pas de st valentin chez nous, même pas un baiser le matin.
Je suis allée à mon rendez-vous chez le dentiste, puis je suis passée le voir au chantier, il travaillait et s'est surtout plaint de son état de santé et de sa charge de travail.
Nous avons convenu que je donnerais un coup de main l'après midi.
Rentrée à la maison, après l'avoir attendu, je déjeune seule, il entre dans la pièce lorsque je dégustais ma derniere cuillerée de yaourt.
Nous avons parlé une demi-heure tout et de rien, j'ai du lui demander gentillement de cesser de parler fort, et surprise, il a obtempéré tout de suite.
J'ai alors ressenti de l'étonnement, puis cela m'a mise de si bonne humeur que je me suis mise à sourire puis à rire en le blaguant.
C'est comme une bouffée d 'oxygene, une respiration d'air frais dans le hammam.
L'après-midi , je vais seule trier des huitres au chantier ostréicole, entourée par les cris des oiseaux et parfumé par la brise de la marée haute. Le chantier est situé les pieds dans une anse
de mer, près des marécages, prés d'un cimetière de bateaux agréable à comtempler et à peindre.
A cette heure là, je me demande encore si je vais faire un geste pour la Saint Valentin, cette fête compte beaucoup pour moi, je l'ai toujours fêtee.
Nous sommes si loin de l'univers Amour, que tout le langage qui en découle me semble étrangé, inaproprié, impromptu.
J'ai trié durant deux heures mais je n'ai pas été très productive, en effet deux visites m'ont distraite, et
j'ai du leurs faire la conversation.
M........ m'a aussi téléphoné sans avoir grand chose à dire sans doute pour tuer le temps en attendant que la mer monte.
Je suis très dubitative, en fait la fête de la St-Valentin me perturbe, je n'ai envie de rien mais un geste de ma part pourrait être intelligent, bon c'est décidé, je vais au magasin chercher de
quoi faire un repas sympa.
Le problème est que M;.... est à l'antipode du palais du gourmet, à l'inverse de mes gouts alimentaires, il a
des gouts restreints, donc faire des courses devient vite blasant et pénible.
J'ai bien tenté au début d'élargir l'éventail de ses mets mais il s'est révélé bloqué et agressif face à ce sujet.
Moi, j'ai baissé les bras et le laisse manger ses frittes, son beurre brulé, ses dix poissons pannés, ses gâteaux de patisserie.... Un réveillon avec des toasts au paté de campagne cela me
révulse, je suis puis classique avec le saumon , huitres, plateau de fruits de mer....
Au premier de l'an M...... s'est concocté un plateau de poisson panné .
je verrais bien ce que je vais trouver........oups!....sac à main, manteau et j'y vais.
Je fouillais dans les soldes que M......... s'est affiché sur mon portable , il m'a commandé son menu
gastronomique : de la viande hachée et de la sauce bolonaise, il a le sousi de me dire de ne pas m'inquiéter car il cuisinera lui-mème.
Pour moi j'achète des crevettes , des bulots et une petite langouste, tant pis je me ferais ma petite St-Valentin pour moi toute seule.
M..... et B.......... rentrent vite ce soir.
Le jeune homme vient me faire la bise, la première de la journée, c'est bien, il ne me fait plus la tête.
M....... s'énerve, il veut faire plusieurs choses à la fois : que je lui coupe les cheveux et préparer son repas: pas facile!
Alors il invective B............., pour calmer le jeu je lui dis de venir s'asseoir pour que je commence à lui couper les cheveux.
Il se calme et je le coiffe tranquillement.
Le diner se passe sans parole, les yeux rivés sur la television ; moi je déguste mes fruits de mer .
Lorque je sors la petite langouste M........ m'interroge, je lui répond que je me fais ma St-Valentin.
Il ne fait pas de commentaire, la St-Valentin 2008 est déja une affaire classée dans le carton des souvenirs
pitoyables et médiocres.
Elle se placera juste derriere le dossier St-Sylvestre. 2008.
Nous passons une soirée palpitante devant une série americaine à la télévision : torride!!!
Nous sommes assis l'un à coté de l'autre sur le canapé,
et je sens sa main se contacter à intervalles réguliers contre ma cuisse.
Je lui demande gentillement de cesser ce mouvement...quelle erreur !Il
Il monte tout de suite sur son destrier « colère » et part dans de longues palabres.
Sa lithanie s'élève brusquement rompant la banalité de la soirée , comme une excroissance soudaine .
B............... continue à rectifier sa nouvelle coupe de cheveux, et moi je me carapace dans mon silence.
Biensur, le soufflé à la colère retombe tout de suite et M......... monte se coucher en m'adressant un bonsoir de l'escalier,
La journée de St-Valentin se termine sans même l'ébauche d'un baiser.
.
Fausse sortie , il revient en scene armé d'un papier et d'une calculette, en me demandant mon
attention.
Il est 23h et je commence à bailler, mais trop contente de l'écouter. Il m'expose ses prévisions comptables de l'entreprise.
Il souhaite se convaincre qu'il va réussir , je lui prête une oreille complaisante mais distanciée, habituée par ce genre de démonstration dont le résultat chiffré final est toujours
différent.
vendredi 15 fevrier
.Le matin , j'ais senti des doigts maladroits percuter mon flan comme on chahute un camarade de classe alors
qu'il est attentif au maitre.
J'ai glissé en un murmure ,que je voulais continuer mon entretien avec Morphée , dormir.
Il a mal pris ma réponse embuée de sommeil , et s'est levé ronchonnant que cela ne servait à rien de venir vers moi.
Je ne me suis réveillée qu'à midi, déçue d'avoir perdu ma matinée et éxaspérée par ce besoin de sommeil qui me
ronge et ampute mes journées ,tronque ma vie.
M........ rentre du travail, il me reproche de ne pas avoir répondu positivement à ses stimulis du matin, je m'en excuse en témoignant de mon inquiétude face à mon engourdissement dans le
sommeil.
Il manifeste son mecontentement devant mon laisser-aller face au ménage et me reproche de trop passer de temps sur l'ordinateur.
Et crac! Il éteint brusquement l'appareil anéantissant les dernieres phrases écrites et non sauvegardées.
Puis il prend la poudre d'escampette, sans commentaire.
Je vais alors ranger la chambre de m.........., dont les affaires ont été éjectées furieusement dans ma
chambre.
Je suis tres calme.
M..... revient, et nous mangeons une petite croute ensemble.
Il reparle de mon temps perdu sur l'ordinateur.Je lui explique que c'est ma façon à moi de faire ma thérapie, de mettre en forme et en mots un vécu qui m'étouffe.
Les mots deviennent une matière que je malaxe et pétris comme de l'argile pour en sortir une forme, une sculture reflet de ma vie intérrieure.
Ces dernier temps, avant d'avoir commence à écrire, les mots étaient bloqués dans ma gorge ,et j'avais l'impression, comme je l'ai écrit dans ma lettre ,d'etre enmurée vivante.
En
effet, avec M....... je ne peux pas dire une phrase entière sans qu'il me coupe la parole et se l'accapare de façon jalouse , grondant comme un chien devant son os si j'esquisse la volontée de la
reprendre.
C'est vrai que ma métaphore est juste tant il me semble qu'il aboie plutot qu'il ne parle.
Des je j'essaie de dire quelque chose , il dit qu'il faut lui foutre la paix,que c'est du harcellement.
Alors dans un soupir, je me tais pour ne pas attiser sa colère toujours présente comme un ectoplasme qui devient spectre rugissant.
J'ai souvent l'impression que je me réfugie dans le sommeil car là au moins je suis libre de m'exprimer sans
censure.
L'air est pesant dans la piece.
Le diner s'est passé bêtement devant la télé ,lui commentant l'actualite à loisir ,moi lui répondant
naturellement pour être vite envoyée au tapis « tais toi , j'écoute les guignols ».
Bonjour la liberté d'expression!
J'essaie de lui parler de ma meilleure amie Mona , mais plongé dans la lecture du programme télé , il répond à
peine.
Pourtant je lui glisse un message à peine cripté : Mona a un ami ,P........... qui se plaint d'etre délaissé par sa femme et qui se demande si il ne devrait pas passer le cap et prendre une
maitresse.
La vie est courte ,et se satisfaire de la médiocrité s'est la gacher.
Cette transposition à peine voilée ne trouve aucun écho positif , il grogne et se concentre dans la dégustation
de la tarte tatin dont il a englouti la moitiée.
L'idée que je puisse prendre un amant tombe bêtement sans mème faire un ricochet sur la surface boueuse de cette soirée.
B;......... est sorti avec ses copains , nous regardons un film tiré d 'un roman de Fred Vargas ,auteur dont j'ai tout lu et dont je raffole.
Il se couche avant la fin et me laisse seule.
Lorsque je me couche il ronffle deja,je le reveille en mettant mon pyjama.
Puis il replonge dans son son sommeil sans aucun geste ou parole vers moi.
De mon lit,je regarde le ciel étoilée et je m'assoupi doucement.
Samedi 16 fevrier
Lorsque je me réveille, j'entend des voix en bas.
Je me souviens de mon sentiment de frustration ressenti lorsqu'il s'est levé,une fois de plus sans me faire un baiser .
Ce sentiment de tristesse m'accompagne et teinte ce début de journée d'une couleur indéterminée et morose.
Je descend l'escalier ,embrasse b........ mais boudant M........ lui rappelant son ommission au reveil.
J'attend qu'ils se préparent respectivement leur petit dejeuner pour me servir du micro-onde.
Tous les trois installé à table, ils parlent exclusivement boulot et projetent leur journée ,moi ,mal réveillée je dejeune en silence.
M...... s'adresse à moi en haussant le ton, sa voix porte et me dérange ,pourquoi me parle t'il si fort ,je suis dans la meme piece à deux mètres?
Il m'invective tres vite » tu as la tete dans le cul ,mais fais au moins un sourire! ».
Quelle poésie ce matin , quelle façon caressante de cueillir une femme ensommeillée ,ravalant ma salive ,je ne répond pas ,alors il observe seul
que ses paroles sont moches.
Puis il continue sa discution avec b......... auquel il demande de consulter l'annuaire des marées ,celui-ci se trompe et se fait tout de suite rabrouer
"donne le moi , je n'ai pas confiance en toi » B........... calmement s'exécute sans mot dire , sans maudire.
M....... se prépare à partir tout en se plaignant de moi , »quelle façon de commencer la journée ,tu aurais
du rester au lit nous aurions dejeuné tranquillement ,Benjamin et moi ; ce midi tu sera encore chiante ».
La porte claque laissant place au silence et à la paix que j'aime le matin.
Je suis contente avec moi ,je me suis levée à 8h30 ; mème si mon humeur est perturbée , j'ai la journée devant moi.
Dehors, le soleil est au rendez-vous , j'attend encore un peu avant m'appeler au téléphone Mona dont la voix mélodieuse et enjouée balayera mes brumes matinales pour laisser place à ma bonne
humeur.
J'ai envie de savoir comment elle a passé la soirée précédente ,elle est allée chez E.......revenait du Senégal ou il a passé une semaine?J'aime beaucoup E...... qui tient une brasserie à Carnac
, Brasserie qui est un peu notre cantine avec MonA.
Mona me raconte sa soirée puis je racroche pour faire ma toilette avant d'aller faire les courses.
Dans la salle de bain ,je décape le lavabo encrassé et plein des cheveux de B.......... , dont il est finalement bouché.
M......... entre au mème moment , je lui demande de m'aider à déboucher le lavabo afin que je puisse me laver.
Il s'énerve ,dit que je dois etre plus agréable ,et tape un grand coup de poing dans le mur.
J'ai peur ,
la rapidité avec laquelle il est monté en mayonnaise me terrasse ,il a des yeux exorbités ,fous.
»j'en ais marre ,j'ai trop de sousis! »Puis il se met à déboucher l'évier.
SA colère contre moi m'agresse, les mots m'emplissent la gorge,
et comme une cocotte minute,je me fache et riposte.
Il part , et je suis désolée de m'être encore une fois laissée piegée par son jeu malsain et d'avoir répondu sur le mème mode que lui , soit l'agression.
Il est vrai que cela fait cinq jours que je me tais ,que je le laisse déverser son mal-être sans riposter ,et que sa persistance a semer le mal me pollue de plus en plus.
Il me reproche de m'avoir rien fait ce matin alors que j'ai fait la vaisselle,balayer,décaper le lavabo....Devant tant d'injustice ,
je le somme desagreablement de partir de la maison.
Il m'est clair que je vais chèrement payer cet affront , que j'aurais du me maitriser et me taire , mais la coupe était pleine et je ne suis pas une clble, mais un être humain, avec ses limites
de tolérance.
Cependant , je suis décue de moi ,car céder à la colère c 'est se mettre au mème niveau que lui ,c'est s'abaisser à etre médiocre.
Je monte dans ma voiture pour aller chercher le pain. Mon portable sonne a la boulangerie:*
-"je ne rentre pas ce midi ,je vais louer un mobil home avec argent qu'un client vient de me donner » CLAC , il raccroche.
Bouh...j'ai l'habitude ,ce n'est pas la première fois que j'entend cela mais sa réaction est tellement disproportionnée ,tellement délirante que cela m'épuise,m'aneanti d'un coup.
Je me reprend tout de suite, et me dirige vers la placette st Cornély, pour voir si E.. est là ,puis embrasser Mona
E...... se repose chez lui et sera peutetre là ce soir , je monte donc voir Mona qui sort sa poubelle, au mème moment.
Son visage rond et jovial est un baume qui me rassènere, tout de suite, comme un patch au bonheur.
Nous passons l'apres midi ensemble, à marcher sur la plage ,je m'épanche après d'elle et atténue doucement mes tensions internes , la réalité se clarifie, les nuages font place au soleil et je
respire de mieux en mieux l'air marin.
La soirée est calme ,M......... rentre à 21h de la marée ,son repas est chaud et prêt lorqu'il arrive, cela
semble lui faire plaisir.
Dimanche 17 fevrier
Mème réveil agressif que vendredi ,M.........me tapote le flanc maladroitement, je ne dis rien et m'enfonce dans
un sommeil profond jusqu'à 12h30.
Flute alors!!! , je me réveille agacée d avoir tant dormi, mal à la tête et les yeux gonflés, mon oreille gauche est complètement bouchée par l'otite.
Devant mon bol de café, j'appelle Mona, elle me rassure tout de suite, trouvant les mots justes pour donner du sens a mon refuge dans le sommeil.
Je me sent coupable M....... va rentrer, il faut que je lui prépare rapidement son repas.
Je casse dix oeufs que je mets à battre par la machine, fais un purée au beurre. Les oeufs sont mal mélangés et certains sont entiers, tanpis, je verse le tout dans la poele et crac ! la porte
s'ouvre.
M..... et b......... entrent , le père me reproche tout de suite de ne pas avoir répondu au téléphone, de me lever aussi tard.
Ils ne mangeront pas.
Sans repondre ,je vais boire mon café dans le canapé, B............ s'enferme dans les toilettes.
M.... continue son monologue tout en installant la table et finissant l'omelette restée en plan.
Celle-ci l'interpèle ,pourquoi certains oeufs sont t'ils encore entiers? est -ce une omelette ou des oeufs sur le plat ?
.Il m'en fait tout un plat sautant sur l'occasion pur dénigrer ma cuisine.
Décidement quoi que je fasses cela se retourne contre moi . Il appelle son fils pour manger tandis que je suis pensive : n'est-il pas rentré en disant qu'il n'avait pas le temps de dejeuner?.
En fait il allume la télé et prend son temps.
Ils quittent la maison lorque je suis à me laver dans la salle de bain, M........ vient me taper sur les fesses, en disant que je me suis faite belle pour aller voir un
mec.
Il a l'air d'y croire car il me téléphone plusieurs fois pour savoir ou je suis ,je quitte la maison pour
rejoindre Mona chez E.......
Nous nous régalons d'une assiette de fromages assises au soleil, lascives.
Promenade dans les chemins empierrés de Carnac , armées de couteaux, nous sommes à la chasse au pissenlit.
Cette errance dans les chemins nous a amené près du chantier, du coup nous y poussons une visite. M...... discute tranquillement avec Mona de ses problèmes avec le voisin , je dépose mon sac de
pisselit dans sa voiture.
Nous repartons d'un pas rapide car le temps fraichit et que nos oreilles sont glacées , des copains abrègent notre épreuve en nous prenant dans leur voiture.
Je traine avec Mona jusqu'à 19h30 puis prenant conscience de l'heure pars aussi vite que cendrillon.
J' arrive à la maison, ils sont devant la porte, aie!
jeudi 21 fevrier
Mes idées s'eclairent: il faut fuir m'echaper de ce piege infernal.
Je n'aurais jamais une goutte d'amour, ce mariage presque blanc est pathétique et obcène.
La victime a une vie sociale normale mais avec une anxiété généralisée - une fatigue chronique - des insomnies - des maux de tête - des douleurs multiples ou des troubles psychosomatiques
(hypertension artérielle, eczéma, ulcère, ...) - des conduites de dépendance (boulimie, alcoolisme, toxicomanie).
Un an apres, je reprend ma plume......
j' ai porté plainte pour violences conjugales en mars 2008.
Il a quitté le domicile conjugale en mai, en vidant mon compte banquaire......
Il vit accompagné de son fils chez sa mère à carnac ; ils continuent à travailler au noir.
Je quitte Carnac le 23 aout pour un logement a l.
Je me reconstruit jour après jours ,
esquissant les coups qu'il continue à mon donner par le biais de ses dettes ,des huissiers et saisies sur salaire.
Le 12 fevrier je suis convoquée a sa liquidation au tribunal de Lorient : sa mère rachète tout......ainsi la communautée matrimoniale est dépouillée.
Je n'aurais rien de ce divorce.
Et lui , blanchi compte bien remettre à flot son entreprise , il m'a volé trois ans de vie et tout mon argent.

jeudi 19 fevrier 2009,chez moi à l...........
En sécurité ,doucement Je me reconstruis jour après jour......
Aujourd'huis je tremble en me relisant , j'étais prise au piège avec une grande lucidité, mon analyse de la situation était si juste.
. A
demain