Une étude pilote sur les violences faites aux femmes

Santé

Une étude pilote sur les violences faites aux femmes

C'EST UNE PREMIERE départementale mais aussi une première au niveau national.

L'étude pilote menée dans les Hauts-de-Seine sur les conséquences psychotraumatiques

des victimes de violences conjugales ou sexuelles vient d'être rendue publique il y a

quelques jours par une commission spécialisée réunissant, au sein du conseil

départemental de prévention de la délinquance, le conseil général, les communes et les

associations, tous mobilisés dans la lutte contre les violences faites aux femmes.

L'enquête a été effectuée auprès de cent cinquante patientes du docteur Muriel

 

Salmona,

psychiatre-psychothérapeute, qui effectuent des consultations de psychotraumatologie à

Bourg-la-Reine et à Clamart. « Nous avons souhaité effectuer cette étude pour aider les

professionnels à repérer les victimes de ces violences et à mieux comprendre leur

parcours, souligne Elodie Crochet, déléguée départementale au droit des femmes et à

l'égalité des chances, à la préfecture des Hauts-de-Seine. C'est aussi pour déculpabiliser

les victimes, leur faire comprendre que leur comportement est normal et qu'il y a des

moyens pour les aider. »

« De plus de plus de femmes qui parlent »

Le questionnaire de plusieurs pages soumis aux patientes a permis de démontrer

l'importance et la gravité des violences subies dès le plus jeune âge, leur accumulation,

leur impact catastrophique sur la santé mentale et physique, sur la qualité de vie et sur le

niveau de souffrance psychique. On apprend ainsi que plus de 90 % des consultantes

ont vécu des violences, une majorité (74 %) de violences familiales dans l'enfance mais

aussi des violences conjugales (41 %) et des violences au travail (29 %), la plupart des

patientes cumulant plusieurs types de violence (sexuelles, physiques et verbales).

« On se rend compte qu'il y a de plus en plus de femmes qui parlent, souligne encore

Elodie Crochet, alors que, pendant très longtemps, on a estimé que ces violences étaient

de l'ordre du privé et de l'intime. Les ressorts sociétaux sont les mêmes que pour les

violences faites aux enfants et ce n'est que depuis près de quinze ans que l'Etat

s'intéresse à ces problèmes et met en place des actions. » A la suite de cette étude, le

département des Hauts-de-Seine prévoit également un certain nombre de mesures (lire

ci-dessous).

Marisa Faion